Essai complet de la Monster 796
Essai complet : Ducati Monster 796
Après la 696 et la 1100 découvertes en 2008, Ducati présente la Monster 796. Mix parfait de l’accessible 696 et de la nerveuse 1100, dotée d’un caractère bien trempé, la « M 796 » débarque avec l’objectif affiché d’offrir une troisième voie dans la gamme. Et cette version est plutôt convaincante !
Il ne fallait pas être sorti de la cuisse de
Jupiter pour se douter qu’une Ducati Monster 796 allait voir le jour.
C’était même écrit dans le ciel : la firme de Borgo Panigale allait se servir tôt ou tard du twin de 803 cm3 de l’Hypermotard 796 – découverte en octobre dernier
– pour proposer une alternative de classe moyenne à la petite 696
sortie en 2008 et à la grosse 1100, apparue six mois après cette
dernière. Et compléter ainsi sa gamme Monster.
Plutôt logique comme démarche, non ? En tout cas, les fans du mythique
roadster italien devraient se réjouir, car ils vont pouvoir trouver «
Monster à leur taille... et à leur portefeuille » ! Désormais, entre la
696, abordable financièrement et accessible dynamiquement, et la 1100,
exigeante à tout point de vue, on trouvera la nouvelle 796, chaînon manquant
de la gamme. Car ce roadster de 800 cm3 est véritablement pensé comme
le parfait intermédiaire entre les deux modèles déjà existants, et se
révèle ni trop facile, ni trop dur à prendre en main, ni trop « mou »,
ni trop puissant.
Côté tarif, la 796 est, dans sa version dite « de base », commercialisée seulement 1 000 € de plus que la 696 (7 990 €) et 2 210 € de moins que la 1100 (11 200 €). Et par rapport à la concurrence, alors ? Eh bien, la nouveauté est plutôt bien placée. S’il est vrai qu’elle ne peut pas rivaliser avec la reine des ventes de la catégorie des roadsters mid-size – la Kawasaki Z 750 et son prix plancher de 7 499 € –, on pourra en revanche se féliciter que cette Ducati soit affichée quasiment au même tarif que la toute récente Yamaha FZ8.
Présentée à Bologne en Italie, dans un musée d’art
moderne à quelques encablures de l’usine de Borgo Panigale, la nouvelle
796 a immédiatement planté le décor. Postée sur sa béquille latérale,
sous un superbe soleil, au coeur d’un lieu stimulant l’oeil et l’esprit,
la 796, avec son look accrocheur, n’a laissé personne indifférent. Et ce n’est pas sa finition de haut vol qui pourra nous contredire.
Évidemment, ses éventuels détracteurs pourront toujours critiquer le
fait que cette Monster-là ressemble trait pour trait à ses frangines...
Alors, pour l’effet de surprise, on repassera. En effet, entre les trois
Monster, seule la 696 est reconnaissable au premier coup d’oeil, étant
équipée d’un traditionnel bras oscillant. Quant aux deux autres, elles
sont des candidates idéales au jeu des sept erreurs. Pour vous aider à
les différencier, le constructeur italien s’est amusé à jouer sur des détails de finition.
Ainsi, la couleur des platines repose-pieds (noire sur la 796, grise
sur la 1100), la taille des protections de silencieux (plus grosses sur
la 796) ou le surpiquage de la selle avec un liseré rouge (pour la 796)
sont autant de signes distinctifs des deux modèles.
Bien sûr, les différences ne s’arrêtent pas là, mais seul un regard averti sera en mesure de les déceler. Sachez par exemple que les hauteurs du guidon et de la selle de la Monster 796 ont été revues, afin de proposer une position de conduite moins « sur l’avant » et donc plus confortable au quotidien. Si le guidon a été remonté de 20 mm par rapport à celui de la 696, la selle a quant à elle été rabaissée de 10 mm (800 mm contre 810 sur la 1100). Finalement, ces modifications donnent un triangle guidon/selle/repose-pieds moins agressif sur le plan ergonomique qu’avec les autres Monster.
En action, sur les routes tortueuses de
l’arrière-pays bolonais, la différence n’était pas flagrante. Pour
constater un mieux ou un moins bien, il aurait fallu sauter d’un modèle à
l’autre. En attendant, une chose est sûre : le twin Desmodue de la
Monster 796, issu de l’Hypermotard 796, se montre plus performant
que celui de sa petite soeur de 696 cm3. Et c’est normal. Repensé, il
développe 6 chevaux et 0,1 mkg de couple de plus que celui de
l’Hypermotard.
Si rien n’a été précisé sur le travail accompli sur ce moulin, notre
Bébère national, Bertrand Gold, docteur ès technique à MR, a émis
l’hypothèse suivante : les retouches devraient probablement concerner la
taille de la boîte à air, les échappements et la cartographie. En
action, ce moteur, qui a été comprimé à 11 à 1 (au lieu de 10,7 à 1 sur
la 696), a dévoilé pas mal de peps.
Mais l’idéal aurait été que cette nouveauté soit munie d’un pignon de 14 au lieu du 15 d’origine (ce que la plupart des propriétaires de 696 demandent à leur concessionnaire), afin de gagner en nervosité dans les bas régimes, là où elle a tendance, il faut le reconnaître, à mouliner un peu. Attention, passé les 6 000 tr/min, le bicylindre offre de belles poussées grâce à ses 87 ch, mais cela ne dure pas longtemps, puisque le rupteur intervient (trop) rapidement, vers 9 000 tr/min, comme sur la petite. Caractériel enfin, notez qu’il hoquette en 6e lorsque l’on est aux alentours de 80 km/h.
Par chance, la Monster est elle aussi équipée de l’APTC,
système qui, d’après Ducati, offre 40 % d’efforts en moins sur le
levier d’embrayage. Jouer avec ce dernier en milieu urbain n’est donc
plus un problème ! Cette technologie permet également de descendre
brutalement les rapports d’une boîte – ici un peu raide (notre modèle
n’avait que 300 km au compteur !) mais précise – sans que la roue
arrière ne dribble. Un vrai régal pour les plus sportifs d’entre nous !
Et il en va de même de la partie-cycle.
Eh oui, les Ducatistes vous le diront : les belles rouges de Bologne
bénéficient d’ensembles rigoureux et ce, quel que soit leur rang dans la
gamme. D’ailleurs, « l’icône urbaine », comme les dirigeants de la
marque se plaisent à l’appeler, ne déroge pas à cette règle puisqu’elle
n’a montré aucun signe alarmant durant les 150 km d’un essai réalisé à
un rythme plutôt soutenu et sous un soleil de plomb.
Son train avant, qui possède une chasse ultra-serrée (87 mm), a bien eu
tendance à louvoyer légèrement à l’attaque sur l’angle.
Mais pour tout dire, cela ne s’est pas montré très gênant. Au contraire ! Bien suspendue, la 796 flattera indéniablement l’ego de son propriétaire, lui donnant l’impression d’être un pilote au guidon d’une machine de course. Et pour les plus prudents d’entre nous, pas d’inquiétude, cette machine est très vive, certes, mais elle est équipée d’un système ABS déconnectable aussi efficace que discret en cas de grosse frayeur. Au sein de la fratrie, la benjamine risque de faire des ravages. Et d’ici à ce que ses soeurs soient piquées de jalousie.
Verdict
La nouvelle Ducati 796 complète à merveille la famille Monster new
generation. Parée d’une partie-cycle aussi rigoureuse que celle dont
sont équipées la 696 et la 1100, la charmante nouveauté bénéficie en
plus d’un twin de 803 cm3 qui procure de bonnes sensations et surtout des performances un cran au-dessus de la petite, et plus exploitables que celles de la grosse.
Question freinage, le modèle ABS, qui est déconnectable – contrairement
aux systèmes proposés par ses rivales –, s’est révélé surprenant en
action. Très efficace en cas d’urgence et agréable au ressenti, il sait
surtout se montrer discret, même en conduite sportive. Pour 700 € de
plus, le jeu en vaut vraiment la chandelle.
La Ducati Monster 796 en bref (ABS)
• + 210 km/h
• 87 ch – 7,8 mkg
• 167 kg (169 kg) à sec
• 8 990 € (9 690 €)
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PUBLIÉ: 1/7/2011 3:49:04 PM MISE À JOUR: 1/7/2011 3:50:12 PM PAR: webmaster



